cinéma,  Japon

[Cinéma] Maquia: une belle histoire sans fin

Le 26 septembre dernier avait lieu la projection d’une œuvre belle et sensible: Maquia, when the promised flowers bloom. Il s’agissait d’une projection unique dans le cadre de Paris loves Anime, et l’on ne peut que regretter que ce film émouvant ne bénéficie pas d’une sortie nationale. Maquia est né de l’imagination fertile de la talentueuse Mari Okada, plus connue pour être l’auteur du scénario de Jun, la voix du coeur et de la série AnoHana. Il s’agit ici de ses débuts en tant que réalisatrice avec un scénario original.

La jeune Maquia appartient au peuple d’Iolph, une tribu isolée car jouissant d’une longévité exceptionnelle. Un soir, une attaque menée par une armée souhaitant s’emparer de ce secret oblige la jeune fille à fuir, laissant derrière famille et amis. Sur son chemin, Maquia trouve un bébé orphelin qu’elle décide d’adopter: l’union de deux solitudes. Mais comment s’aimer quand l’un grandit et vieillit et l’autre semble figé dans une jeunesse éternelle?

La force de Mari Okada est de susciter l’émotion sans sensiblerie ou stéréotypes scénaristiques. Après avoir tout perdu, Maquia doit seule trouver sa place dans un monde qui n’est pas fait pour elle, et contre lequel on l’a maintes fois mis en garde. Pourquoi s’attacher si les êtres que l’on rencontre ne font que passer dans une vie qui semble sans fin? C’est la détermination de l’héroïne à croire que l’amour n’est pas vain que nous montre la réalisatrice. Le chemin n’est pas facile, voire dangereux, mais Maquia persiste à aimer, et à être mère même si personne n’a jamais vraiment tenu ce rôle pour elle. Le récit arrive à nous mettre à la hauteur de l’héroïne. Le temps se distend , jusqu’à ne plus être qu’une notion floue et lointaine, uniquement marquée par l’évolution des visages. La folie des hommes et leur orgueil meurtrier reste une constante,et montre seulement la vanité des gesticulations humaines. Rien ne change au fond, sauf l’amour que l’on éprouve et que l’on se porte. On sort de ce film avec un sentiment doux-amer: Maquia n’est pas un film “feel good”,mais sa belle mélancolie vous suivra bien après la scène de fin. Il dépeint un amour filial et maternel que l’on voit rarement si bien mis en scène au premier plan d’un récit. La qualité de l’animation se déploie magnifiquement sur grand écran, ce qui à nouveau fait regretter l’absence de sortie au cinéma. Cependant, les spectateurs présents au Grand Rex ont pu apprécier dans des conditions exceptionnelles toute la beauté du film de Mari Okada, et espérons que sa sortie en DVD/Blu ray saura rendre hommage à son œuvre.

©PROJECT MAQUIA

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